Dans la coopération internationales

Pouvoir : Définition

Définition traditionnelle :

  • Le pouvoir de l’État A sur l’État B, c’est la capacité de l’État A d’obtenir que l’État B fasse quelque chose qu’il n’aurait pas fait sans l’intervention de l’État A.

Exemple :

  • Les États-Unis (A) essaient d’obtenir que l’Iran (B) fasse quelque chose qu’il n’aurait pas fait sans les sanctions.
    • Changer le régime.
    • Désarmement (missiles balistiques, développement nucléaire).

Limites

Cette conception du pouvoir du point de la force brute laisse de côté d’autres dimensions importantes.

3 types de pouvoir

Selon Joseph Nye

  • power is the ability to affect others to get the outcomes you wantla capacité d’influencer les autres acteurs de manière à réaliser ses propres objectifs.
  • Le soft power est important, comme les connexions culturelles, les idées, etc…
    • Avec les USAthe american dream.
    • E.g. : les programmes d’aide au développement pour propager les droits humains (persuasif).
    • E.g. : discours d’Obama en 2008 au Caire avant le printemps arabe (persuasif).
    • E.g. : invasion de l’Iraq (coercitif).
  • Les deux sont importants, c’est un continuum pas noir et blanc (e.g. si un état est 100% dépendant sur l’aide économique c’est du hard power sinon du soft) : (Kissinger)

Transitions de pouvoir

Transformations du système international à deux niveaux

  1. Transitions du pouvoir entre les États.
    • E.g. : USAChine ou Inde.
  2. Diffusion du pouvoir au-delà des États = gain en autorité d’acteurs non-étatiques.
    • E.g. : Amnesty International.

Dans le soft power, la Suisse est extrêmement importanteéducation, Genève Internationale (liens entre l’UNIGE et les institutions/orgs internationales, bonnes offices qui permet d’inviter tous mêmes les palestiniens ou les talibans au contraire que les USA). L’Arabie Saoudite commence à devenir plus importante comme donateur au sein de certains organisations et veut plus de soft power. Les OIs sont interprétées comme vecteurs de soft power créés par les états pour étendre leur influence (e.g. New Development Bank qui est plus aligné avec les BRICS).

Transitions du hard power

  • Partout dans le monde on voit une augmentation du pouvoir militaire, e.g. discours de Macron début mars 2026. C’est le retour du hard power, et les USA essaient de ne pas se faire rattraper.
  • Les relations entre pays européens sont très fortes, mais aussi envers les USApas seulement gouvernements mais aussi généraux, etc.
  • Le hard power n’est pas que militaire, l’économie compte aussi. La Chine et l’Inde sont en train de prendre une ampleur économique importante, ce qui augmente leur hard power incitatif.
    • La dette est un outil très utilisé par la Chine, tout comme les pays européens.
      • En cas de défaut l’infrastructure est à la Chine, vote pro-chinois à l’ONU… tout cela c’est les conditions de la construction d’infrastructure et les prêts, qui créent de la dépendance dans des pays pauvres comme le Kenya.
      • C’est des gains massifs que l’UE ne donnerait pas si facilement à des pays sans démocratie ou droits humains adéquats.
      • Dans l’AfroBarometer on peut voir la popularité chinoise dans les pays africains. Est-ce quand les conséquences arriveront (e.g.d’ici 10 ans) ça sera la même chose ou on verra le même phénomène qu’avec les pays européens?
      • Même chose pour l’Inde même si moins étudié.
Implications

Néoréalisme (théorie de la stabilité hégémonique):

  • Un hégémon est nécessaire pour maintenir l’ordre.
    • C’est pas positif ou négatif, la colonisation était négative p.ex.
  • L’hégémon fournit des biens publics ET en tire des bénéfices.
  • Le déclin de l’hégémon = déclin de la stabilité.
    • La Russie n’aurait jamais envahie l’Ukraine en 2008 (avant la crise financière). Les USA ne pouvaient pas être défiés.
    • L’instabilité actuelle vient du déclin des USA, des nouvelles puissances veulent s’imposer.
    • Le rôle de EAU veulent s’affirmer régionalement et commettent des atrocités en Soudan, p.ex.transition de pouvoir.
  • Si on a des états égaux le commerce est moins ouvert, on a besoin d’états forts et faibles. Quand le RU (Pax Britanica) ou les USA (Pax Americana) était des hégémons le commerce était plus ouvert p.ex.
Mais c’est plus complex, en réalité

Post-WW2 les USA ont accepté leur rôle d’hégémon mais pas avant, c’est à cause de cela que pendant l’entre-deux-guerres le commerce n’était pas si ouvert. Ils ont été protectionnistes, ils avaient peur pour leur industrie. Ce qui se passe dans l’état influence sa politique extérieurelibéralisme au lieu de réalisme.

Diffusion de pouvoir au-delà des États : Comment les OIs exercent de l’autorité?

L’autorité en RI : Exemple du FMI

Quest-ce que l’autorité?

Définition de l’autorité = a social contract in which a governor provides a political order of value to a community in exchange for compliance by the governed with the rules necessary to produce that order..

FMI

Le FMI donne de l’argent aux pays en faillite (peuvent plus payer leur detteplus de moyens pour payer institutions publiques, retraites, etc…) mais avec des conditions : plus récemment moins axés sur la démocratie mais aussi austérité, ouverture au commerce international.

Le FMI ne s’impose pas, les états viennent à lui. On respecte ses conditionnalités puisqu’il a une autorité. Ses valeurs néolibérales (0% marxistes) et la capacité de véto des USA sont respectés même par les pays sociaux, de gauche, communistes… puisque les pays néolibéraux sont plus riches qu’eux et donc les gouvernés vont leur faire plus confiance. Il peut donc dicter sur leur économie.

L’expertise du FMI n’est pas neutre, ça se voit qu’il favorisent des gouvernements néolibéraux comme celui en Argentine.

Les OI sont devenues :
  • Puissantes.
  • Indépendantes.
  • Autoritatives. Mais… Scholars have argued that IOs… have become increasingly ‘powerful’, ‘independent’, and ‘authoritative’ actors in their own right. IOs regulate an increasingly wide range of issues, intervene more deeply in the domestic affairs of their member states, and develop and diffuse international norms and rules … At the same time, recent research suggests that IOs have become contested.

Tous les états n’aiment pas cela, certains ont un problème avec cette tendance.

Pouvoir vs. autorité

Dans le cas du FMI les états eux-mêmes deviennent néolibéraux.

Autorité formelle des OI

Transférée par les États sur la base de traités intergouvernementaux:

  • Our focus is on legal authority which is… institutionalized, i.e., codified in a set of formal rules; b) circumscribed, i.e., specified with respect to who has authority over whom for what; and c) impersonal, i.e., it applies to roles, not persons.
  • Delegation: a conditional grant of authority by member states to an independent body (secrétariat).
  • Pooling: the rules under which member states make decisions, the procedure by which those decisions are ratified, and the extent to which they are binding.

Bindingness vs Legalisation

Bindingness chez Hooghe/Marks fait référence aux décisions prises par les OI (droit secondaire), Legalisation chez Abbot et al. fait référence surtout aux traités (droit), mais les deux concepts se chevauchent partiellement primaire.

Autorité informelle des OI

Propre aux OI:

  • “In addition to authority delegated from states, IOs have authority because they embody rational-legal principles that modern societies value and that are identified with liberal values viewed as legitimate and ‘progressive’“.
  • OIs peuvent influencer les politiques nationales et internationales malgré l’absence d’un mandat contraignant (cadrage des problèmes, diffusion de normes, labels/standards, réseaux d’experts).
    • On leur faisait confiance (à l’OMS) et pendant la crise du Covid-19 on leur donne de l’autorité en ce qui concerne les vols entre pays.
  • Importance des communautés epistémiques.
    • OMS pendant le Covid-19 (réseau d’experts).

Source d’autorité des OI

Conclusion

  • Transition et diffusion du pouvoir comme axes centraux de la transformation du système international; Différence entre “hard” et “soft” power.
  • La diffusion du pouvoir aux acteurs non-étatiques se prononce dans leur gain en autorité envers les États.
    • Transferts de compétences formel par les États – délégation, pooling et, pour le droit international, “legalization”.
    • Propriétés propres à ces acteurs (expertise, normativité).

UNIGE CI