Le monde post-guerre froide

Notions-clé

  • Le monde post-guerre froide: un monde multipolaire= une multiplicité de puissances. La fin du monopole occidental sur la géopolitique mondiale.
  • La bipolarité a-t-elle pour autant disparu? La réapparition d’une bipolarité en raison de l’émergence de la Chine. On pourrait dire que la Chine remplace l’URSS.
  • La multiplicité des rivalités et des stratégies nationales depuis la fin de la guerre froide. Les difficultés du système international face à un tel éclatement.

Les politiques post-guerre froide de la RSS et les EU

Les nouvelles ambitions impériales de la Russie

  • 1991-1999: un pays sous perfusion économique.
    • Tout d’un coup on privatise (économie planifiéeéconomie de marché). Le chômage, la corruption (oligarques) et la pauvreté apparaissent.
    • Experience démocratique inexistente, difficile de la construire.
    • Nostalgie pour l’URSS.
    • L’OFMI et la banque mondiale tout comme les pays occidentaux doivent l’aider.

Nationalisme

  • Un repli en tant que superpuissance mondiale, mais une puissance régionale intacte:
    • La blessure nationaliste explique la popularité de Poutine dans les années 2000.
      • Poutine remet la Russie dans la carte internationale.
    • L’objectif: reconstituer l’empire soviétique.
    • Guerres de reconquête en Tchétchénie (1994-96 et 1999-2000).
    • Soutien aux séparatismes des régions russophones en Géorgie (Abkhazie 1992, Ossétie du Sud 2008) pour affaiblir le nouvel État qui veut adhérer à l’UE et à l’OTAN.
    • Soutien au séparatisme des régions russophones en Ukraine (annexion de la Crimée, printemps 2014) pour les mêmes raisons.
    • Renforcement des liens entre avec la Biélorussie (Union Russie-Biélorussie, 1999; soutien de la Russie à Alexandre Loukachenko après sa réélection contestée en 2020; septembre 2021: annonce d’un renforcement de l’intégration économique entre les deux pays).

1999

  • Depuis 1999: retour sur la scène internationale.
    • Soutien à la politique étasunienne contre le terrorisme.
    • Enrichissement du à la hausse des prix des matières premières.
    • Rôle dans la crise syrienne 2011: veto à toute intervention de l’ONU; soutien militaire à Bachar Al-Assad (garder une influence au Moyen Orient).

2022

L’invasion de l’Ukraine (printemps 2022): le retour de la puissance impériale russe?

  • La présence de populations russophones comme prétexte de l’invasion.
  • La négation par Vladimir Poutine de l’existence d’une nation ukrainienne et la certitude d’une guerre courte.
  • La vassalisation accélérée de la Biélorussie (stationnement de troupes pour l’invasion de l’Ukraine; mars 2023: accord militaire et livraisons d’ogives nucléaires).
  • Les sanctions économiques du monde occidental vis-à-vis de la Russie.
  • Le monde divisé par la guerre en Ukraine (refus de la condamnation par les pays du Sud; ex: l’Inde ancienne solidarité).
  • La dépendance accrue de la Russie vis-à-vis de la Chine.

L’hyperpuissance américaine?

Fin de la Guerre Froide

  • La disparition du communisme: la fin du rival historique des États-Unis.
  • L’extension du projet de 1945 à l’échelle du monde: démocratie et capitalisme libéral. Un seul monde? La globalisation et l’illusion de la convergence économique et politique du monde.
  • Une diplomatie mondiale et ses limites:
    • L’adhésion des pays d’Europe de l’Est à l’OTAN.
    • L’Afrique (Somalie, 1993).
    • L’intervention en Yougoslavie (1999).
    • Le Moyen orient: sécuriser les approvisionnements en pétrole. La première guerre du golfe (1991). L’embargo contre l’Irak.
    • Le conflit israélo-palestinien: les limites de l’influence étasunienne.

Terrorisme

  • Les Etats-Unis face à la montée du terrorisme:
    • L’impopularité des Etats-Unis au Moyen Orient (soutien à Israël, embargo contre l’Irak après la première guerre du Golfe (1991).
    • Les attentats contre les US: World Trade Center (New York, 26 février 1993), tours de Khobar (Arabie Saoudite, 25 juin 1996) ambassades de Dar-es-salaam et Nairobi (Tanzanie et Kenya, 7 août 1998), USS Cole (Yemen, 12 octobre 2000), World Trade Center (New York, 11 septembre 2001).
    • Le 11 septembre: une date charnière; l’intervention en Afghanistan (2001-2021) dans le cadre de l’ONU.
    • La deuxième guerre du Golfe (2003): une intervention unilatérale et la destabilisation de l’Irak.
    • Les difficultés d’une superpuissance face à un terrorisme global et non territorialisé (exception:l’épisode de l’Etat islamique, 2014-2018). Une donnée nouvelle de la géopolitique mondiale.
    • Manque de maîtrise de la région, impossibilité de la pacifier. Au contraire, les interventions empirent les choses.

Unilatéralisme

  • Du multilatéralisme à l’unilatéralisme (depuis 1994):
    • La présidence Bill Clinton: le désengagement des opérations de maintien de la paix de l’ONU à partir de 1994; la diminution de la quote-part étasunienne à l’ONU. Le refus de ratifier le traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires (1999).
    • La présidence de George W. Bush: en 2001, le refus de ratifier le protocole de Kyoto (1997) sur le climat; l’intervention unilatérale en Irak sans l’aval de l’ONU (2003); le refus de joindre la Cour pénale internationale créée en 1998.
    • Barack Obama et le discours du Caire (juin 2009): fin de l’interventionnisme US au Moyen Orient; le refus d’intervenir en Syrie en 2013.
      • Le même fil rouge même s’il était démocrate et on s’attendait au multilatéralisme.
    • Donald Trump: America First. 2017: retrait de l’accord de Paris (2015) sur le climat; 2018: retrait de l’accord sur le nucléaire iranien (2015); 2020: retrait de l’OMS.
    • Les premiers actes de Joe Biden: la poursuite du désengagement étasunien (retrait d’Afghanistan, septembre 2021).
      • Plus diplomatique que D.T, mais même fil une autre fois.

Nouvelle superpuissance: la Chine

  • Depuis 1971: membre permanente du Conseil de Sécurité.
  • Leaders chinois ne veulent pas finir comme l’URSS.
  • L’ère Deng Xiaoping, la libéralisation économique et la croissance.
  • L’absence d’ouverture politique (Tienanmen, 1989).
  • Pas de libertés mais prospérité économique le système chinois qui existe toujours.
  • Le durcissement totalitaire depuis l’arrivée de Xi Jinping (2012; président à vie depuis 2018).
  • Une puissance nucléaire (1964) et spatiale (2003).
  • La mise au pas des oppositions potentielles dans les « régions autonomes » (Tibet, Xinjiang). L’assimilation forcée des Tibétains et des Ouïghours (emprisonnement, séparation des familles, stérilisations, travail forcé).

Ambitions

Les ambitions territoriales du nationalisme chinois (carte slide suivant):

  • La rétrocession de Hong Kong par le Royaume Uni (1997) et la mise au pas politique.
    • L’accord d’une démocratie dans le Hong Kong pas respecté.
  • L’objectif d’annexion de Taiwan (manœuvres militaires autour de l’île, août 2022 et avril 2023).
    • Chine pourrait penser qu’il n’y aurait pas d’intervention pour protéger le Taiwan, tout comme dans la guerre d’Ukraine.
  • Les conflits frontaliers avec l’Inde (cf infra) tensions avec le Japon: les îles Senkaku (Diaoyu), japonaises et revendiquées par la Chine (inhabitées mais zone de pêche et ressources en hydrocarbures).
  • Tensions avec le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et les Philippines autour des îles Paracels et Spratleys revendiquées par la Chine (carte slide suivant).
  • Les îles aident a revendiquer le contrôle sur la mer de la chine.

Présence internationale: la base de Djibouti

Première base chinoise à l’étranger en 2017.

L’expansionnisme économique chinois: le projet des Nouvelles Routes de la soie (2013)

  • Un ensemble d’infrastructures (routes, ports, voies ferrées) destinées à développer les exportations chinoises, assurer l’approvisionnement du pays en matières premières et renforcer son influence dans l’économie mondiale.
  • Construction d’infrastructures Nouvelles (port d’Hambantota au Sri Lanka avec des capitaux chinois, puis rachat du port en 2017).
  • Rachat d’infrastructures en difficulté (port du Pirée en Grèce, racheté par Cosco en 2016). Porte d’entrée des marchandises chinoises en Europe. Pas seulement un projet économique mais géopolitique.

L’organisation de coopération de Shanghai

  • Elle est créée en 2001.
  • Stabiliser les frontières en Asie après la dislocation de l’URSS.
  • Lutter contre le terrorisme.
  • Une organisation donnant à la Russie et à la Chine une influence régionale en contournant l’ONU.

Puissances régionales

Inde

  • La plus grande démocratie de la planète après l’indépendance.
    • En train de devenir autoritaire.
  • Une puissance nucléaire (1974) et spatiale (2007).
  • L’essor économique spectaculaire des années 1990. La 5e économie mondiale en 2023.
  • Les conflits avec le Pakistan au Cachemire (3 guerres 1947, 1965, 1971).
  • La rivalité avec la chine dans l’Himalaya: 4000 km de frontières contestées. La guerre de 1962 (défaite indienne); l’affrontement diplomatique de l’été 2017; incidents de frontière (2020, 2022).
  • Le raidissement nationaliste des années 2000-2010 (pogroms antimusulmans au Gujarat, 2002). Le BJP au pouvoir depuis 2014.
  • La stratégie indienne du « multi-alignement »: membre du G20 et de l’Organisation de Coopération de Shanghaï, liens maintenus avec la Russie (achat de pétrole russe depuis le début de la guerre en Ukraine).

Brésil

  • Le retour à la démocratie (1985) après vingt ans de dictature militaire.
  • L’essor économique des années 2000. La découverte de gisements pétroliers (2008).
  • Un vaste marché intérieur (216 millions d’hab en 2023).
  • Des responsabilités internationales croissantes (2004, mission de l’ONU en Haïti).
  • La revendication d’un siège au Conseil de sécurité.
  • Une puissance régionale aux ambitions montantes mais avant tout économiques (9e rang mondial pour le PIB en 2019).

Puissances rivales au Moyen Orient

  • L’affirmation récente de puissances régionales dans une région que les superpuissances ne maîtrisent plus comme pendant la guerre froide:
    • La Turquie: la volonté de restaurer la puissance ottomane disparue en 1918 (interventions en Syrie et en Lybie).
    • L’Arabie saoudite: Le 1er ou 2e (selon les années) producteur de pétrole mondial. Près de 20% du pétrole exporté dans le monde. L’alliée historique des Etats-Unis dans la région. La gardienne de deux des lieux saints de l’Islam (La Mecque et Médine). Interventions dans la guerre civile au Yémen pour soutenir le pouvoir central yéménite).
    • L’Iran: le rival historique de l’Arabie saoudite. La volonté de créer une aire d’influence incluant l’Irak, la Syrie, le Liban (soutien aux milices chiites du Hezbollah) et le Yémen (soutien aux milices chiites Houtis en lutte contre le pouvoir central yéménite).
    • Israël: la principale puissance militaire du Moyen Orient. La normalisation de ses rapports avec les pays arabes: les Accords d’Abraham (2020) avec les Emirats Arabes Unis, le Bahrein, le Maroc, le Soudan, sous l’égide des Etats-Unis. Objectif: contrer la montée de l’Iran. Le corollaire: la question palestinienne passe au second plan de la géopolitique du Moyen Orient depuis les années 2010. Le durcissement de la politique israélienne et la disparition de la solution à deux Etats.

Quelle politique de puissance pour l’Europe?

  • La question de la défense européenne: un des problèmes majeurs de l’Europe. Une défense assurée depuis 1949 par l’OTAN.
  • L’élargissement de l’OTAN depuis la chute de l’URSS:
    • 1990: ex-RDA.
    • 1997: Pologne, Hongrie, République tchèque.
    • 2004: Estonie, Lettonie, Lituanie, Bulgarie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie.
    • 2009: Albanie, Croatie.
    • 2017: Montenegro.
    • 2020: Macédoine du Nord.
    • 2023: Finlande (Suède: candidate).
    • L’Eurocorps (1992; depuis 2008 sous le contrôle de l’UE et ouvert à tous les Etats).
  • Le traité de Lisbonne (2009): un début de politique étrangère commune.
    • La création d’un Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.
    • La création d’un réseau d’ambassades dans le monde.
  • La réticence croissante des Etats-Unis à assurer la défense de l’Europe.
  • La guerre en Ukraine: une charnière dans l’affirmation d’une Europe-puissance? Soutien militaire à l’Ukraine, sanctions vis-à-vis de la Russie, affirmation des pays de l’Est européen, avancée de l’idée de défense européenne. Les élargissements successifs de l’OTAN depuis 1949):

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